Sauvons la planète !

Une incommensurable dose de 36è degré et d’humour (très) noir s’est glissée dans ce billet, sauras-tu la retrouver, Ô-lecteur-mon-amour ?

Je parlais ce week-end de la problématique des émissions de CO2 avec un ami (j’ai de ces discussions, aussi…), du comment réduire l’impact écologique sans affecter notre niveau de vie. Si nous ne sommes pas arrivés à y trouver une solution, j’ai profité du retard de mon TGV de lundi soir (admirez comme j’arrive bien à taper sur le dos de la SNCF à chaque voyage que je fais) pour y repenser.

Pour une fois, je suis pas peu fier de ma solution. Non contente de réduire l’impact écologique des moteurs à explosion, sans pour autant modifier notre train de vie de luxe (à nous les gros 4×4 dans les mégapoles \o/), ma solution a aussi l’avantage de réduire les charges sociales des gouvernements. Petite cerise sur le gâteau, elle est carrément fun à mettre en pratique.

La problématique est la suivante : aujourd’hui, dans la plupart des pays civilisés (ou presque) du monde, le piéton est roi dans les villes. C’est aussi dans les villes que les principaux problèmes de pollution se trouvent. On peut donc en tirer la corollaire que l’on doit indirectement la pollution au piéton. La mairie de Paris l’a déjà compris, ils poussent les gens à utiliser des engins à roue.

Si l’on considère l’effort énergétique déployé par une voiture pour s’arrêter puis accélérer pour atteindre à nouveau sa vitesse de croisière, vis-à-vis du même effort qu’à à déployer le piéton pour s’arrêter pour laisser passer des voitures, il va sans dire qu’une voiture ayant à s’arrêter pour laisser passer un piéton pollue plus que le piéton faisant la même chose pour la voiture.

La solution est donc très simple : au jour d’aujourd’hui (j’aime les néologismes de style bannis par l’Académie Française) où les émissions de CO2 sont un problème plus grave que la politesse au volant, il est temps que l’on promulgue une loi disant que les voitures sont prioritaires sur les piétons. Fini, les arrêts d’urgence pour laisser passer mémé. Terminé, les attentes interminables pour laisser passer les touristes qui s’émerveillent béatement des beautés de nos chères villes alors que nous bouillons d’impatience au volant. Exit, tout ceci.

Grâce à ma solution, moins de bouchons, moins d’émissions de gazes d’échappements, plus de fluidité dans le trafic, moins d’énervement. Mais ce n’est pas tout.

Il va maintenant falloir que les piétons puissent traverser. Et c’est là que le fun commence. Avec l’arrivée des premières giboulées dans mon pays chéri, on va rapidement voir les chasses-neiges sur les routes. Ce qui m’a donné l’idée d’installer des pares-chocs ergonomiques et étendus à l’avant des voitures. Après, c’est une question de loi du plus fort et du plus vigoureux.

Aucun doute que le jeune cadre dynamique, Blackberry dans une main, Wall Street Journal dans l’autre, arrivera à se frayer tant bien que mal un chemin dans le flux des voitures. Mieux que le fitness après le travail, mieux que le jogging au bois de Vincennes, resquiller entre les voitures redonnera à tous une forme digne de nos 20 ans. Côté vieilles personnes et retraités, nul doute qu’il y aura quelques accidents (d’où les pares-chocs ergonomiques). Ceci aura l’avantage d’éviter à l’État de payer trop de retraites, de raccourcir leur durée sans impacter la rente mensuelle (c’est les cheminots qui vont être contents).

Et afin de récompenser les automobilistes qui auront contribués à réduire le burn rate des caisses de l’État, je propose aussi l’instauration d’un système de points inverse à celui actuellement en vigueur en France, permettant aux chauffeurs de gagner des points à chaque touche sur la route. Un espèce de Grand Auto Theft géant, quoi.

Pour résumer, moins de pollution car moins d’arrêts pour les piétons, plus de sous pour l’État, et du fun sur la route. Je pensais pas que ça allait être aussi simple. L’environnement avec Lionel, c’est simple comme un jeu vidéo.


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